Le wingfoil turc se pratique d’abord sur la mer Égée, à moins de 100 km de l’aéroport d’İzmir. La baie d’Alaçatı, sur la presqu’île de Çeşme, rassemble plusieurs stations de glisse, dont la plus grande du pays selon le magazine allemand Surf, et une zone où l’on a pied assez vaste pour les premières heures sous l’aile. Plus près de l’aéroport, Urla Gülbahçe tient une longue baie abritée tournée vers le nord.
Au sud, Akyaka ferme le golfe de Gökova et vit du vent thermique. Bodrum a son Club Med, où l’aile fait partie de la formule. Autour de Fethiye et de Göcek, la mer se parcourt surtout depuis les yachts de location, et c’est sur leur pont qu’un loueur livre des eFoils.
De juin à septembre, le vent du nord qu’on appelle ici meltem souffle presque chaque jour sur la mer Égée, et c’est lui qui fixe l’heure des séances, pas le planning de l’école.
Cinq côtes, du premier cours à la croisière
La Turquie n’a pas un spot de wing mais cinq côtes, et l’on n’y part pas pour les mêmes raisons. Alaçatı et Urla ont des écoles et une zone où l’on a pied, Akyaka et Akyarlar demandent de savoir déjà voler, Bodrum et la côte des yachts se vivent dans un forfait ou depuis un pont.
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| Côte | Le plan d’eau | Pour qui |
|---|---|---|
| Alaçatı (Çeşme) | baie en U profonde de plus de 2 km, zone où l’on a pied d’environ 500 m sur 300 m côté ouest | du premier cours au foiler confirmé, avec le plus grand choix de stations |
| Urla Gülbahçe | longue baie abritée tournée vers le nord, sable ferme, pas de récif, grande zone où l’eau arrive à la poitrine | cours en anglais, sessions du matin, accès rapide depuis İzmir |
| Akyaka (golfe de Gökova) | vent thermique, fond de sable peu profond, une portion de côte réservée au kitesurf | rider déjà autonome, venu du kite ou de la planche à voile |
| Bodrum | Club Med Bodrum Palmiye avec wingfoil en accès libre ; baie d’Akyarlar en eau profonde et vent fort | séjour tout compris ; Akyarlar pour les riders aguerris |
| Fethiye et Göcek | eFoil livré sur le pont d’un yacht de location, eau plus chaude que sur l’Égée | croisière en yacht, envie de voler sans aile |
Pour un premier stage, Alaçatı garde l’avantage : dans sa zone peu profonde, on marche avec la planche, on remonte dessus et on repart sans nager, et les premières heures sous l’aile se passent en grande partie dans l’eau. Urla donne un vent plus matinal, Akyarlar de l’eau profonde et un vent soutenu.
Le meltem, de juin à septembre
Chaque été, les vents étésiens descendent du nord sur la mer Égée et l’est de la Méditerranée, et une étude de l’Université technique d’Istanbul les décrit comme persistants en juin, juillet et août. Sur la côte d’İzmir, on les appelle meltem.
À Alaçatı, il souffle de juin à septembre. L’échauffement de la terre le renforce, si bien qu’il ne s’installe pour de bon que vers midi, puis forcit tout l’après-midi jusqu’à son maximum en fin de journée. Pour une première séance, vise plutôt la matinée : de 9 h à midi, le vent laisse le temps d’apprendre à tenir l’aile.
Le magazine allemand Surf annonce jusqu’à 70 % de jours ventés en été, un vent au plus régulier en juillet et en août et une saison qui tient le plus souvent de fin mai jusqu’en octobre. Les gens du coin, eux, préfèrent juin et septembre. Toujours selon Surf, la moyenne tourne entre 15 et 25 nœuds, avec des pointes au-delà de 30 nœuds au printemps, en automne et en hiver.
À Urla Gülbahçe, le meltem tourne du nord à l’est et suit un autre horaire : il se lève tôt le matin et tombe vers 15 h ou 16 h, avec des ailes de 4 à 5 m² pour le naviguer. Qui loge à İzmir peut donc naviguer le matin à Urla et l’après-midi à Alaçatı.
D’octobre à avril
Hors saison, d’autres vents prennent le relais, à des heures moins prévisibles. Le lodos, venu du sud, lève des vagues sur Alaçatı d’octobre à avril. Le poiras souffle du nord au printemps et en automne, et le gerence, du nord-est, est le plus fort des trois. À Urla, le lodos vient de terre et pousse vers le large : mauvais vent pour qui ne remonte pas encore au vent.
D’octobre à avril, environ un jour sur deux donne quand même assez de vent pour planer à Urla comme à Alaçatı, d’après Surf & Action et le magazine Surf. Le voyagiste britannique Sportif place pourtant la meilleure période de mi-juin à mi-septembre.
L’eau, plus fraîche sur l’Égée que vers Fethiye
La côte égée ne dépasse les 22 °C de moyenne qu’à partir de juin. Vers Fethiye et Göcek, la Méditerranée est plus chaude d’environ deux à quatre degrés selon le mois.
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| Mois | Côte égée | Côte méditerranéenne |
|---|---|---|
| Avril | 15,9 °C | 18,1 °C |
| Mai | 18,8 °C | 20,8 °C |
| Juin | 22,1 °C | 23,9 °C |
| Juillet | 24,2 °C | 26,7 °C |
| Août | 24,6 °C | 28,1 °C |
| Septembre | 23,3 °C | 27,0 °C |
| Octobre | 20,8 °C | 24,6 °C |
| Novembre | 18,0 °C | 21,4 °C |
À Alaçatı, le magazine Surf compte environ 20 °C dès juin et plus de 25 °C en juillet et en août : un shorty ou une combinaison 3/2 suffit, et certains jours un boardshort et un lycra.
Dans la baie d’Alaçatı, 500 m où l’on a pied
La baie d’Alaçatı (Yumru Koyu) dessine un U profond d’un bon 2 km, ouvert au sud sur la mer. Sur sa rive ouest, une zone d’environ 500 m sur 300 m reste assez peu profonde pour se tenir debout. C’est là que démarrent les cours.
Le meltem arrive de la gauche, parallèle à la plage, et ressort donc sans pousser vers la côte ni vers le large. Par fort vent du nord, le plan d’eau se hache d’un clapot serré. Si tu ne décolles pas encore du premier coup, compte 100 à 150 m de marche dans l’eau, planche à la main, avant de pouvoir partir.
L’été, surtout le week-end, la rive ouest se remplit. Les riders qui remontent au vent tirent alors des bords jusqu’à la rive est, où l’eau est plus plate et où une seconde zone d’environ 100 m sur 300 m permet encore d’avoir pied. Les kiteurs, eux, ont leur coin au sud-est de la baie, séparé des véliplanchistes et des wingfoilers.
Près du bord, une tache sombre sur l’eau peut cacher un haut-fond ou un herbier. Avec un mât de foil sous la planche, mieux vaut la contourner que la survoler.

Les jours sans vent, la crique de Delikli Koy, tout près, reste à l’abri, et les moulins d’Alaçatı sur leur colline disent assez pourquoi la ville s’est mise à la glisse.
Trois stations se partagent la baie d’Alaçatı
ASPC, la plus grande
L’Alaçatı Surf Paradise Club (ASPC) est la plus grande station de sports nautiques de Turquie selon le magazine Surf, qui y comptait plus de 120 planches à voile, 20 planches de wingfoil et 20 moniteurs. La station s’est installée en front de mer, toujours au centre de la baie, avec un accès direct à l’eau.
Les cours de wing se donnent sur du matériel Fanatic, Gaastra, F1, Duotone et Neilpryde. ASPC cite le français parmi ses langues d’enseignement, avec l’anglais, l’allemand, l’italien, le russe et le turc.
Le cursus suit quatre niveaux. En A1, tu apprends le matériel et le maniement de l’aile sur une planche d’entraînement ; l’A2 sert à pratiquer. Le B1 met sous tes pieds la première planche de foil, et le B2 vise le vol contrôlé, la remontée au vent et les virages. Cours privés ou collectifs, l’assurance du matériel, la combinaison, le gilet et le casque sont compris à chaque niveau.
À la location, ASPC aligne des ailes GA Wing Cross de 3,5 à 6,2 m², des planches Neilpryde Glide et Fanatic Aero, et des foils GA. Avec ton propre matériel, tu peux louer un casier à la journée, au week-end ou pour plus longtemps.
Myga Surf City, la plus au vent
Myga Surf City est la station la plus au vent de la baie. Son matériel vient de chez Duotone, Severne et Patrik. La station a accueilli la Coupe du monde PWA de planche à voile de 2008 à 2010.
Sun Surf, à l’abri
Sun Surf Alaçatı occupe le site de l’ancien ION Club Alaçatı, dans l’enceinte de l’Alacati Beach Resort, avec du matériel de wing Duotone et l’école High Tide pour le kite. Elle se trouve sous le vent de la baie, là où l’eau devient vite profonde, ce qui plaît aux foilers, et forme tous les niveaux selon Surf & Action.
Urla Gülbahçe, une station de kite qui enseigne aussi le wing
À moins de 45 km de l’aéroport d’İzmir, environ 35 minutes par l’autoroute, la plage de Gülbahçe borde une longue baie abritée tournée vers le nord. Le vent vient le plus souvent de la gauche ; un port de pêche protège la mise à l’eau, le sable est ferme, sans récif.
Devant la station, l’eau est très peu profonde par endroits : on part plus au vent, ou plus au large. La zone d’apprentissage offre une grande étendue où l’eau arrive à la poitrine, partagée avec de nombreux kiteurs.
Urla Surf House vit d’abord du kite et ajoute le wingfoil en second sport, avec des cours en anglais, du débutant au freestyle. On y loue des ailes et des planches de freeride, de freestyle et sans footstraps, ainsi que des stand-up paddles, et la station garde le matériel des riders.
Régulièrement, l’équipe emmène les riders vers un spot d’eau plate situé au vent de la station.
Akyaka, au fond du golfe de Gökova
Plus au sud, Akyaka ferme le golfe de Gökova. L’office du tourisme turc la range parmi les grandes destinations de kitesurf du pays, pour ses vents thermiques, son eau peu profonde sur fond de sable et une piste de navigation de trois kilomètres. L’aéroport de Dalaman est à 60 km, environ une heure de route.
Sur la côte d’Akçapınar, la préfecture de Muğla a réservé au kitesurf une portion de rivage, située dans un site archéologique protégé. Le vent thermique qui porte les kites porte aussi une aile de wing. Où l’aile a le droit de naviguer, demande-le sur place.
Bodrum, le wingfoil dans la formule du Club Med
Au Club Med Bodrum Palmiye, la liste des sports nautiques porte la mention « Wingfoil en accès libre », comprise dans la formule tout compris, à côté de cours collectifs de wingsurf, de planche à voile et de voile. Club Med présente les activités du village comme incluses et adaptées à tous les niveaux. Les transferts sont compris, depuis l’aéroport de Bodrum, à environ une heure de route.
Pas de club enfants au village. Le Club Med organise aussi des « Wing Weeks », des semaines consacrées au wingfoil, ouvertes dès 11 ans, avec cours, démonstrations et essais de matériel. Les dates se consultent chez Club Med.
Sur la presqu’île, l’office du tourisme turc signale la baie d’Akyarlar aux surfeurs aguerris : eau profonde, vent fort. Avec une petite aile et un foil qui porte tôt, c’est la baie des jours où l’on veut de la puissance.
Fethiye et Göcek, l’eFoil livré sur le pont
Entre Fethiye et Göcek, la côte se découvre en yacht. Une annonce de la plateforme GetMyBoat loue des eFoils Waydoo livrés sur le pont des yachts de location, autour de Fethiye, de Göcek, de Marmaris et de Bodrum : le matériel seul, sans bateau, avec une caution remboursable de 1 800 USD à chaque location.
L’eFoil vole à l’hélice, sans aile ni vent, dans une eau à 28,1 °C de moyenne en août côté Méditerranée. Les loueurs et les formules d’ailleurs sont sur la page location d’eFoil.

Vols vers İzmir, Bodrum ou Dalaman, et séjours tout faits
Pour Alaçatı et Urla, tout passe par İzmir. ASPC indique des vols directs vers l’aéroport Adnan Menderes (ADB) depuis de nombreux pays d’Europe, dont la France, la Belgique et la Suisse, avec SunExpress, Pegasus et Turkish Airlines. İzmir est desservie presque tous les jours depuis beaucoup d’aéroports européens.
À l’arrivée, les bus Havaş partent de l’aéroport et filent directement vers Alaçatı et Çeşme. Le taxi marche aussi, tout comme la voiture de location, qu’on peut rendre à Alaçatı sans revenir à İzmir. Compte environ 80 à 90 km d’autoroute jusqu’à la baie d’Alaçatı, et à peine 45 km jusqu’à Urla Gülbahçe.
Plus au sud, l’aéroport de Bodrum est à environ une heure du Club Med Palmiye, transfert compris, et celui de Dalaman à 60 km d’Akyaka. Depuis la Belgique, TUI fly Belgium vend des vols vers Bodrum, Dalaman et İzmir, entre autres, au départ d’Anvers, de Bruxelles, de Liège ou d’Ostende-Bruges selon la ligne.
Les séjours tout faits
Le voyagiste allemand Surf & Action vend des séjours de wing à Alaçatı, avec ASPC, Myga et Sun Surf, et à Urla Gülbahçe. Le britannique Sportif vend Alaçatı, mise à l’eau sur le sable devant le centre. Au Club Med Bodrum Palmiye, transfert et wingfoil en accès libre entrent dans le forfait tout compris.
Les stations d’Alaçatı et d’Urla ne publient pas de grille de prix : le tarif d’une leçon privée, d’un cours collectif ou d’un forfait matériel se demande par écrit à l’école, avant de réserver le vol.
Papiers d’entrée
Pour un séjour touristique, les Français n’ont pas besoin de visa jusqu’à 90 jours sur toute période de 180 jours, selon France Diplomatie. Il faut une carte d’identité valide ou un passeport valable au moins 150 jours après l’entrée, en bon état ; un passeport périmé n’est pas accepté.
Les cartes d’identité délivrées à des adultes entre le 1er janvier 2004 et le 31 décembre 2013 restent valables cinq ans au-delà de la date imprimée, ce que la Turquie accepte ; France Diplomatie recommande pourtant fortement le passeport.
Le ministère turc des Affaires étrangères exempte de visa les passeports ordinaires belges pour 90 jours sur 180, et les passeports ordinaires français et suisses jusqu’à 90 jours. Un coup d’œil aux conditions avant le départ suffit, elles bougent parfois d’une saison à l’autre.
Brevets, licence et zones de kite
ASPC est membre de la VDWS, l’association allemande des écoles de planche à voile, et de la TYF, la Fédération turque de voile. Ses moniteurs ont le brevet de moniteur VDWS, valable dans 25 pays selon la station. Que les cours suivent le programme de la VDWS est notre lecture de ces affiliations.
À Urla Surf House, une licence turque peut être délivrée sur demande à la fin d’un stage de wing. La station ne délivre pas le certificat IWO, reconnu à l’international. Pour un papier qui te suive dans d’autres écoles, la question se pose avant le premier cours.
Sur l’eau, chaque baie a ses zones. À Alaçatı, les kiteurs naviguent au sud-est, à l’écart des véliplanchistes et des wingfoilers ; à Akyaka, une portion de la côte d’Akçapınar est réservée au kitesurf. Ailleurs, demande la règle à la station avant de mettre l’aile à l’eau.
Pour préparer le sac, la page matériel de wingfoil passe en revue tailles d’aile, volumes de planche et foils. Pour l’hiver, le wingfoil en Égypte et le wingfoil au Maroc mènent vers la mer Rouge et l’Atlantique.
