L’adresse se termine par 75016. La seule école d’eFoil repérée en Île-de-France est installée 1 allée du Bord-de-l’Eau, sous la passerelle de l’Avre, sur la rive du bois de Boulogne. Son plan d’eau, lui, n’est pas « la Seine dans Paris ». Pour le règlement de police du fleuve, le tronçon « Paris » va du pont amont au pont aval du périphérique, et la berge du bois, toute parisienne qu’elle soit, borde déjà ce que ce règlement appelle la Basse-Seine (c’est ainsi que nous lisons son article 1).
Dans Paris, entre ces deux ponts, un eFoil est interdit, et à plusieurs titres. En aval, du pont de l’autoroute A13 au pont de Suresnes, un arrêté inter-préfectoral du 3 juillet 2026, lu dans sa version signée en septembre 2026, admet la planche nautique à moteur « à titre expérimental » pour la saison 2026, et seulement pour des adultes accompagnés. Sur le reste de la Seine et de la Marne aval en Île-de-France, ce même arrêté l’interdit. Sur les îles de loisirs, pas une page ne vend d’eFoil.
Cette page ne raconte pas une séance sur la Seine. Elle s’appuie sur les textes publics, les pages de l’école, des mesures officielles et un reportage de presse, et quand une phrase interprète un texte, elle le signale.

Entre les deux ponts du périphérique, la Seine reste fermée
Le texte qui s’applique est le règlement particulier de police de la navigation intérieure sur l’itinéraire Seine-Yonne, un arrêté de treize préfets que VNF (Voies navigables de France) publie en version consolidée au 14 octobre 2025. Son article 9.1 : « Sur la Seine dans Paris, entre les ponts Amont et Aval du périphérique, sont interdits » les bateaux de 4,5 kW ou moins, les bateaux mus à la force humaine et la pratique de sports nautiques.
À notre lecture, un eFoil tombe sous la dernière ligne, à n’importe quelle puissance. Il tombe aussi sous la première si la planche compte comme un « bateau », ce qu’aucun texte ne tranche, et si son moteur ne dépasse pas 4,5 kW. Un troisième motif est venu s’y ajouter avec l’arrêté inter-préfectoral du 3 juillet 2026, qui insère dans l’annexe 2 du règlement cette phrase : « La pratique de la planche nautique à moteur est interdite en Île-de-France, sauf à titre expérimental dans des zones prévues à cet effet et suivant des modalités définies par arrêté préfectoral. » La seule zone qu’il ouvre commence en aval du périphérique.
Pourquoi fermer le fleuve à ce point ? Sans prêter d’intention aux préfets, on peut regarder qui se partage ces quelque 12,75 km (d’après les points kilométriques). Les bateaux à moteur de plus de 4,5 kW, d’abord, qui doivent y être équipés d’une VHF depuis la révision de 2025 ; la même révision en a chassé le petit bateau électrique de 4,5 kW ou moins. Les baigneurs, ensuite : les sites de baignade du bras de Grenelle, du bras Marie et de Bercy sont tous sur ce tronçon. Hors des sites autorisés, l’État et les collectivités qui en ont la charge rappellent un risque sérieux de noyade, « le courant y étant particulièrement fort, le fond de l’eau étant envasé avec présence de plantes agrippantes, la navigation étant particulièrement dense ». Le texte parle de nageurs. Un débutant qui lâche sa planche tombe pourtant dans la même eau.
De l’A13 au pont de Suresnes, une zone d’expérimentation pour 2026
L’arrêté du 3 juillet 2026, pris par les huit préfets d’Île-de-France, part d’un constat, la « pratique émergente sur la Seine » de planches nautiques à moteur au sens de la Division 240, « avec ou sans foil », et conclut qu’« il est nécessaire de procéder à une expérimentation ».
La copie signée que nous avons lue, il faut le préciser, est celle que l’école met en lien au bas de ses conditions générales, avec la carte de VNF. Le numéro de l’arrêté y est resté en blanc. Or le texte n’entre en vigueur qu’au lendemain de sa publication au recueil des actes administratifs, et ce recueil n’a pas pu être consulté. Chaque règle qui suit s’entend donc d’après l’arrêté inter-préfectoral du 3 juillet 2026, texte signé lu en septembre 2026.
La zone court « entre le pont de l’autoroute A13 (PK 14,200) et l’aval du pont de Suresnes (PK 16,440 en rive droite et PK 16,000 en rive gauche) », soit un peu plus de 2 km, à 5,5 km environ du pont aval du périphérique (notre calcul). Sur la carte de VNF, on longe Boulogne-Billancourt puis Paris, côté bois de Boulogne, sur une rive, Saint-Cloud puis Suresnes sur l’autre. Des bandes vertes suivent les berges, hors du chenal, avec 5 m de retrait autour des piles de pont, des bâtiments et des bateaux amarrés. À l’aval, les écluses et le barrage de Suresnes ferment la zone ; à l’approche de ces ouvrages, le règlement interdit les sports nautiques hors du chenal sur 150 mètres en amont comme en aval.
Qui peut monter sur une planche ? Un pratiquant qui « est un adulte majeur et atteste sur l’honneur de sa capacité à savoir nager 25 mètres », adhérent d’une association affiliée à une fédération française sportive nautique ou client d’un loueur. Quelqu’un de ce club ou de ce loueur l’accompagne, capable de lui « porter secours sans délai », trois riders au plus par accompagnant, depuis un bateau muni d’une corde pour remorquer la planche et son pilote en difficulté.
La planche mesure moins de 2,50 m, son moteur ne dépasse pas 4,5 kW, et l’on vole à moins de 25 km/h, en journée, hors du chenal et dans les zones tracées sur le plan annexé, à plus de 5 m des piles et des bateaux en stationnement, à plus de 15 m de ceux qui naviguent. Chaque rider a sur lui une aide à la flottabilité d’au moins 50 N, un casque, une combinaison en néoprène et un coupe-circuit. Les règles de sécurité de la mer, elles, n’ont pas cours sur la Seine.
Le fleuve reste une voie de commerce. Sur ce bief, les bateaux se croisent en tenant leur gauche ; les riders, eux, peuvent « naviguer à droite en croisement bâbord sur bâbord afin de rester en dehors du chenal », et ne le traversent que pour changer de sens, sous l’œil d’un bateau d’encadrement équipé d’une VHF. La zone elle-même n’est pas neuve : le texte de 2019 y autorisait déjà les sports motonautiques, à l’exception des véhicules nautiques à moteur de type jet-ski. Ce qui change en 2026, c’est que la planche y est nommée, avec ses propres règles.
Pour une question hors de ce cadre, écris à VNF, à la DRIEAT Île-de-France ou à la DRAJES. Ce n’est pas un avis d’avocat, juste une lecture de textes relus en septembre 2026. Le cadre national et les règles des lacs, un par un, sont sur la page réglementation de l’eFoil.
Une séance au 16e, sous la passerelle de l’Avre
L’école s’appelle Foil in Paris. Sa base, en face du « Quai Ouest » et à deux pas de l’hippodrome de Longchamp, a aussi une piscine et des skates électriques tout-terrain, avec un restaurant pour voisin. La flotte est en Lift (le menu boutique de son site liste les LIFT5 et LIFTX), et la base du Touquet, du même réseau, l’appelle « notre base Foil in Paris ».
L’école vend directement une séance d’une heure et une formule nominative de trois séances d’une heure ; sa page sécurité parle aussi d’activités « réservées aux membres du club », avec un abonnement à la journée, au mois ou à l’année. La session décrite dure une heure trente : briefing de sécurité, combinaison, gilet et casque, télécommande et décollage expliqués, premiers essais, puis « ride encadré sur la Seine ». La réservation promet un moniteur sur l’eau pendant toute la séance et trois débutants au plus à la fois.
L’école demande de savoir nager 25 mètres sans aide et d’être en bonne condition physique, déconseille l’activité, voire l’interdit, en cas de problème cardiaque ou respiratoire, de grossesse, d’alcool ou de drogue, et fait signer une décharge avant toute sortie. Ses pages de réservation le disent en clair : « Suite à une décision de VNF et de la Préfecture, l’activité eFoil sur la Seine est désormais réservée aux personnes majeures. » Les âges plus bas encore affichés ici ou là sont dépassés.
Sur la qualification des encadrants, ses propres textes ne s’accordent pas. Sa page eFoil parle de « nos instructeurs diplômés », ses conditions générales, pour les membres du club, d’une « pratique autonome, dans le cadre d’une location surveillée ». Sa page sécurité ajoute une équipe formée aux premiers secours, des talkies-walkies et un outil de détection des navires développé par l’école, TrackShip, branché sur la base de données hydrographique de VNF, qui surveille un périmètre défini et déclenche un signal lumineux et un signal sonore. L’outil est celui de l’école, pas un service de VNF. L’arrêté, lui, ne cite aucun diplôme. Pose la question en réservant.
Tout se paie à la réservation, sans remboursement si tu annules, sauf force majeure justifiée. « La pluie, les températures fraîches ou un ciel couvert ne constituent pas un motif d’annulation ni de report. » Une responsabilité civile couvrant le matériel loué est exigée, et l’école peut demander un dépôt de garantie ou une préautorisation bancaire allant jusqu’à 5 000 € par participant ou par matériel confié. Vent violent, orage, pollution : là, c’est elle qui annule.
Pour venir, l’école indique les bus 241 (Hippodrome de Longchamp), 244 (Les Moulins Camping) et 175 (Étang de l’Abbaye ou Pont de Suresnes), le métro 10 jusqu’à Boulogne Pont de Saint-Cloud, le tram T2, arrêt Les Milons, puis la passerelle à pied, et un parking privé gratuit. Emporte serviette, crème solaire et eau ; la combinaison est fournie si tu n’en as pas.
Six degrés en hiver, crues et fortes pluies : l’eau de la Seine
Le réseau national de mesure de la température des eaux a une station à Suresnes, dans la zone d’après ses coordonnées. Ses relevés de 2009 à 2013 donnent une Seine autour de 6 °C en janvier et février, au-dessus de 20 °C de juin à août, vers 15 °C en octobre (moyennes 2010 à 2012, recalculées sur la série horaire). Ce sont des ordres de grandeur, pas la mesure du jour. L’été 2025, par exemple, la Ville relevait sur ses sites de baignade, quelques kilomètres en amont, 23 °C environ de moyenne, avec des pics à 25 °C.
Le vent gêne peu un eFoil, et Météo-France donne à Paris-Montsouris un vent moyen de 3 m/s sur l’année (statistiques 1991-2020). Sortir à Paris, qui a essayé la séance, décrit un coin abrité derrière le bois, avec peu de bateaux. Peu, pas aucun : le trafic commercial et les bateaux à passagers traversent la zone.
Les crues pèsent davantage. Le règlement les mesure à la station Vigicrues du pont d’Austerlitz ; en crue, les bateaux de plaisance ne franchissent plus les barrages, et une séance peut être déplacée. VNF renvoie les navigants vers NAVI, son service d’information fluviale, et vers ses avis à la batellerie ; le règlement, à l’article 39, demande à tout pratiquant d’un sport nautique de s’informer de ces avis avant de commencer.
Reste la qualité de l’eau. Près de 1,3 milliard d’euros ont été consacrés à l’assainissement depuis le lancement du plan Baignade en 2016, selon l’État et les collectivités, dont le communiqué ajoute que le réseau d’alerte a permis de fermer rapidement les sites en cas de risque de pollution, « notamment après de fortes pluies ».
Ailleurs en Île-de-France, de la Marne aux îles de loisirs
Le règlement Seine-Yonne organise d’autres zones de navigation rapide et de ski nautique dans la région, de Villeneuve-Saint-Georges et Charenton à Bonneuil-sur-Marne, Évry, Ablon, la Seine-et-Marne et le pont de Bezons. Aucune, pour autant qu’on puisse en juger, ne s’ouvre à l’eFoil : l’interdiction de 2026 vaut pour toutes les eaux du règlement en Île-de-France, soit la Seine, l’Yonne, la Marne à partir du pont de Joinville et le début de l’Oise.
Même lecture pour qui possède sa planche : il ne peut la mettre à l’eau seul nulle part sur ces rivières, et entre Boulogne et Suresnes, il lui faut passer par un loueur ou par un club affilié, avec un accompagnant sur un bateau. À Villennes-sur-Seine, eFoil Paris IDF, revendeur Fliteboard, propose des essais sur demande, sans lieu ni tarif de séance publiés. Ce n’est pas une école. Pour un achat destiné à la mer, voir le guide pour acheter un eFoil et celui de l’eFoil d’occasion.
Les îles de loisirs, gérées par des syndicats mixtes, ne figurent pas parmi les eaux que liste ce règlement, et l’interdiction de 2026 ne les nomme pas. Elle ne les vise donc pas, à notre sens, sous réserve de ce qu’en dirait la DRIEAT. Ça ne veut pas dire qu’on peut y voler : leurs règles internes n’ont pas été lues, et aucun vendeur d’eFoil n’y a été repéré. À Draveil, le Port aux Cerises affiche pédalos, canoës, permis bateau et espace baignade, rien d’électrique. À Moisson, l’île de loisirs des Boucles de Seine a une page de wingfoil, et un blog de la discipline ajoute Jablines-Annet, Vaires-sur-Marne et Saint-Quentin-en-Yvelines aux spots de foil franciliens.

Avec un moteur, la situation rappelle celle du lac d’Annecy, dont le règlement interdit les planches à moteur par leur nom. À une différence près : la Seine a ouvert une zone d’essai.
Le Touquet, côté Manche, et le prix d’une première heure
Hors d’Île-de-France, il faut aller jusqu’à la Manche pour trouver les offres les plus proches. Au Touquet-Paris-Plage, eFoil Le Touquet, du même réseau Lift que l’école parisienne, fait voler ses clients sur la Canche. À Deauville, la seule offre trouvée est une initiation au foil vendue par une plateforme d’activités, sans école nommée ni base à elle : tant qu’aucun opérateur ne signe sa propre page, elle reste hors du tableau.
La Canche est un estuaire. On n’a établi ni où y finissent les eaux intérieures, ni ce que disent les arrêtés du préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord. En mer, c’est la Division 240 qui parle (article 240-2.11, version en vigueur depuis le 31 octobre 2024) : la planche nautique à moteur sort de jour, ne s’éloigne pas à plus de 2 milles d’un abri et, passé 300 mètres de cet abri, embarque une aide à la flottabilité de 50 N, ou une combinaison qui flotte et tient chaud, plus une lampe étanche d’au moins six heures. D’où partent les séances, c’est à l’école de le dire.
Le mot « heure » ne recouvre pas la même chose des deux côtés : à Paris, c’est du temps sur l’eau ; au Touquet, cinquante minutes de planche et dix de coaching. Les autres bases du pays, avec leurs formats et leurs conditions, sont dans l’annuaire des écoles et des loueurs, et la page prix de l’eFoil dit ce que coûterait une planche à soi.
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| Base | Plan d’eau | Formule | Tarifs affichés | Conditions |
|---|---|---|---|---|
| Foil in Paris | Seine, Paris 16e, zone d’essai de l’A13 à Suresnes | séance encadrée, trois débutants au plus par moniteur | 1 h sur l’eau 150 €, 3 × 1 h 360 € (nominatif) | adultes seulement, nage sur 25 m, accompagnement depuis un bateau |
| eFoil Le Touquet | Canche, Le Touquet-Paris-Plage | 50 min d’eFoil et 10 min de coaching | 60 min 120 €, 3 heures 300 €, 5 heures 500 € | même réseau que la base parisienne |

