Au sud de Grenoble, le barrage de Monteynard retient le Drac depuis sa mise en service en 1962, et le lac qu’il a formé remplit un long canyon du Trièves : 20 km de long, 657 ha, vers 500 m d’altitude selon l’office de tourisme. Ceux qui descendent jusqu’ici viennent d’ordinaire pour le vent, ce « vent thermique régulier soufflant dans sa partie centrale » dont parle le même office. Un eFoil n’en demande pas tant. Une batterie chargée lui suffit.
Sur ce lac, il se vole d’une seule façon : avec un moniteur du Wind Club Monteynard, à Treffort, et un zodiac pas loin. Le club ne laisse pas ses planches électriques sans encadrement, et le SIVOM qui gère le plan d’eau ne liste aucune autre adresse sous la rubrique « E-Foil ». L’arrêté préfectoral de 2014 ne prononce jamais le mot. Ses articles sont cités ici avec leur numéro ; là où il se tait, ce que nous en tirons est donné comme notre lecture, sans valeur d’avis juridique.

Au Wind Club Monteynard, toujours avec un moniteur
Association loi 1901, le Wind Club Monteynard est d’abord une école et un loueur de wingfoil et de planche à voile, avec une adresse postale à Treffort (38650). Il se décrit « à vingt minutes de Grenoble (Isère) » et présente le lac comme le « deuxième spot d’Europe en plan d’eau intérieur ». Ce rang, c’est le club qui le revendique. Il ouvre « de mai à septembre ».
On y apprend la planche à voile et le wingfoil, on y navigue seul avec le matériel du club, on y range le sien, et l’on trouve aussi des canoës et des paddles. Sur place, une terrasse, des informations météo et une petite boutique de matériel.
Pour l’électrique, sa page eFoil annonce : « Nos Efoils sont les premiers foils électriques accessibles à tous ». La formule de base, c’est une demi-heure avec moniteur, matériel compris, pour une ou deux personnes, à 50,00 €. Le club précise qu’il peut embarquer quatre personnes à bord du zodiac, et il ouvre l’eFoil à partir de 12 ans.
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| Formule | Ce qui est compris | Prix |
|---|---|---|
| eFoil, 30 min | moniteur et matériel, 1 ou 2 personnes | 50,00 € |
| Carte eFoil 5 × 30 min | partageable en famille ou entre amis | 225,00 € |
| Carte eFoil 10 × 30 min | partageable en famille ou entre amis | 400,00 € |
| Cours particulier de wingfoil, 1 h | matériel compris, 2 personnes au plus | 65,00 € seul, 100,00 € à deux |
| Location wingfoil, pratique libre | 1 h, ou carte de 5 heures | 35,00 € l’heure, 140,00 € la carte |
| Stage de wingfoil, 4 jours | 8 h sur l’eau, dont 1 h d’eFoil | 500,00 € par personne, 800,00 € à deux |
| Planche à voile | 1 h de cours puis 1 h de pratique libre, une personne | 55 € |
L’adhésion compte pour 5 € par heure et par personne, et elle est déjà dans les prix affichés. Elle couvre la responsabilité civile et le secours sur la zone de navigation du club. Ce que tu ne trouveras pas, en revanche, c’est une planche électrique en location libre : le forfait de pratique libre illimitée vaut pour tous les supports « sauf Efoil ».
Pour comparer avec d’autres lacs et d’autres formules, l’annuaire de la location d’eFoil range les bases par région.
Une heure d’eFoil au début du stage de wingfoil
Le stage de wingfoil tient en quatre jours : deux heures sur l’eau par jour, huit en tout, dont une heure d’eFoil pour découvrir le vol. Aile et planche (GONG, AFS, Takuma), combinaison, casque, moniteur diplômé d’État et zodiac sont compris dans les 500,00 € par personne, ou 800,00 € pour deux.
Pour ce premier vol, le club sort un « Takuma Cruiser » et promet : « En moins d’un quart d’heure vous faites un premier vol ». La promesse est celle du club. La marque Takuma a cessé son activité, et la page du stage cite pourtant toujours ce modèle. Sur une séance encadrée, le matériel reste l’affaire de l’école : tu n’as ni à l’acheter ni à l’entretenir.
Cet ordre a sa logique. Sur une planche électrique, le moteur tient le rôle de l’aile, et l’élève n’a qu’une chose à apprendre pendant cette heure-là : rester en équilibre sur le foil quand la planche sort de l’eau. Quand il prend l’aile en main, le vol lui est déjà familier, et il garde son attention pour le vent et les départs.
Ceux qui préfèrent avancer à leur rythme prennent un cours particulier d’une heure, seul ou à deux, puis louent le matériel pour naviguer seuls. Le wingfoil a sa page, comme le matériel de wingfoil, pour qui pense déjà à s’équiper.
L’arrêté de 2014 : moto aquatique interdite, motonautisme admis
Le texte qui compte ici porte un numéro à rallonge : l’arrêté préfectoral n° 2014104-0048 du 14 avril 2014, signé par le préfet de l’Isère. C’est le règlement particulier de police de la navigation sur la retenue de Monteynard, Drac et Ebron, celui vers lequel l’article R4241-60 du code des transports renvoie les sports nautiques, puisqu’aucune règle nationale ne nomme l’eFoil sur les eaux intérieures. Entré en vigueur le 1er septembre 2014, il abroge par son article 14 l’arrêté n° 2009-01223 du 11 février 2009. Ses visas citent l’article L4241-2 du code des transports, l’arrêté ministériel du 28 juin 2013 portant règlement général de police de la navigation, et le décret du 9 avril 1960 qui concède à EDF la chute de Monteynard.
L’article 1 pose le cadre : la navigation suit le règlement général de police de la navigation intérieure et cet arrêté. L’article 2 ajoute que toute activité nautique se pratique aux risques des usagers, entre les cotes 468,00 et 490,00 NGF, et après l’usage prioritaire de l’eau par EDF. La cote normale est de 487,00 NGF. La baignade relève d’arrêtés municipaux.
Deux listes, et l’eFoil dans aucune
L’article 2.1 interdit la plongée subaquatique, le patinage sur la glace et « la moto aquatique ». L’article 2.2 autorise la voile, planche à voile comprise, l’aviron, « le motonautisme » (ski nautique, pieds nus, parachute ascensionnel tracté) et les bateaux à passagers. Nulle part le texte ne parle d’eFoil, de planche à moteur ou de foil, et il ne définit pas la moto aquatique.
Le guide de navigation du SIVOM, actualisé le 28 septembre 2026, traduit l’interdiction par « jet-skis, scooters des mers ». Il admet « la navigation à moteur » et « les sports de glisse », parmi lesquels il range la planche à voile, le kite-surf et le wingfoil. Il résume le règlement ; en cas de doute, c’est l’arrêté qui fait foi.
Notre lecture : l’hélice d’un côté, le jet de l’autre
Le code des transports définit le véhicule nautique à moteur (article R5113-7, 3°) comme un engin de moins de 4 m dont le moteur entraîne une turbine, sa propulsion principale. La plupart des eFoils tournent sur une hélice ; quelques-uns sur un jet. À notre lecture, l’interdiction vise le jet-ski, une planche à hélice n’entre pas dans la définition et se range mieux sous le motonautisme que l’article 2.2 autorise. Une planche à jet, elle, se rapproche de la catégorie interdite.
Le SIVOM liste le Wind Club sous « E-Foil » sur sa page de Treffort. C’est un annuaire, pas une décision. Pour le cas du jet, la question reste ouverte, et nous n’avons interrogé aucune autorité.
Gilet, bande de rive et vitesses
L’article 2.3 rend le gilet obligatoire sur les voiliers, sur les « engins nautiques à moteur » et pour les skieurs nautiques ; il le recommande vivement sur les bateaux à moteur et les planches à voile. Le guide du SIVOM l’impose à tous les sports de glisse, wingfoil compris. Un eFoil, à notre lecture, entre dans les engins nautiques à moteur : gilet sur le dos, sans discussion.
L’article 3.2 trace une bande de rive de 40 m le long des berges. Elle est fictive, sans bouées, puisque le niveau bouge, et la vitesse de tous les engins y est limitée à 5 km/h. À Treffort, au sud de la crique de Pabra, l’article ménage un chenal de départ de ski nautique de 40 m. L’article 3.3 met 6 km/h dans le haut de la vallée du Drac et dans celui de l’Ebron. Un eFoil en vol va plus vite que ça : à notre lecture, décollage et vol se font au-delà des 40 m, et l’on rentre au ralenti, planche posée.
L’article 5 ferme toute navigation la nuit, sous la cote 468,00 NGF, à partir de 490,00 NGF, et quand le débit entrant atteint 1 000 m3/s, à peu près une crue centennale du Drac. Des repères de niveau sont posés aux deux accès principaux, Treffort et Mayres-Savel. L’article 6 classe le lac en « grand plan d’eau » : les règles de barre et de route de la mer s’y appliquent, et les bateaux à passagers ont la priorité. Selon l’article 11, la DDT peut ajouter des restrictions temporaires, en crue notamment et pendant les vidanges réglementaires ; l’article 12 rappelle que le niveau varie sans cesse.
Le guide du SIVOM liste aussi des consignes pratiques : un coupe-circuit dans le matériel de sécurité à bord, 40 m de distance avec les bateaux de pêche, le canal 16 de la VHF pour la sécurité et le canal 9 pour le SIVOM. Les textes cités ont été lus en octobre 2026. Le cadre national, lui, se trouve sur la page réglementation de l’eFoil.
Les cales de Treffort et de Mayres-Savel, et les eaux fermées
Pour mettre une planche à l’eau, il existe deux cales publiques, l’une à Treffort, l’autre à Mayres-Savel, chacune avec une zone de poser pour l’hélicoptère sur le parking. C’est là que l’arrêté place ses repères de niveau, et c’est de l’une ou de l’autre que le SIVOM fait partir les mises à l’eau.
Treffort concentre l’offre. La page que le SIVOM consacre à la commune y range le Wind Club Monteynard, des écoles de kite et de wing, des clubs de voile, le bateau La Mira et le Camping de la Plage. Sous « E-Foil », un seul nom : celui du Wind Club. À Mayres-Savel, la même liste aligne la base nautique BNSM (planche à voile, kayak, canoë, paddle, catamaran), le Savel Wind Club, le Wake ski Club et MG Plaisance, sans aucun loueur d’eFoil.
Les zones fermées de l’article 3
L’article 3.1.1 ferme à toute navigation 500 m d’eau en amont du barrage. Il ferme aussi le Drac au-dessus d’une ligne fixe au ruisseau des Fontaines, l’Ebron au-dessus du pont de Brion, et deux bandes de 20 m le long des deux rives dans le haut de la vallée du Drac. Quand le débit entrant atteint 300 m3/s, le haut Drac est fermé au-dessus du ruisseau du Clos.
Près des cales, l’article 3.1.2 interdit la planche à voile sur environ 150 m autour de celle de Treffort (100 m en aval, 50 m en amont) et sur 20 m de part et d’autre de celle de Mayres-Savel. Les panneaux ajoutent : « A l’intérieur de la bande de rive de 40 m de largeur ».
À pied, et derrière l’écran
Au-dessus de l’eau passent deux passerelles himalayennes, réservées aux marcheurs et aux vététistes : celle de l’Ebron fait 180 m, celle du Drac 220 m, toutes deux larges de 1,20 m et perchées entre 45 et 85 m selon le niveau du lac.
Pour regarder le plan d’eau avant de prendre la route, Onekite, une association de kite de l’Isère, fait tourner des webcams (Monteynard, Savel) et une station de vent sur le lac. La baignade, elle, est interdite partout. Sur un eFoil, tu ne te retrouves dans l’eau qu’après une chute, et c’est le seul bain que le règlement te laisse.
Le thermique l’après-midi, l’eFoil plutôt le matin
Le SIVOM appelle Monteynard le « 2ème lac le plus venté d’Europe » ; l’agence Alpes Isère, dans sa version anglaise, en fait le deuxième lac le plus venté après le lac de Garde. Ni l’un ni l’autre n’avance de mesure à l’appui. Sur la rive de Treffort, l’annuaire du SIVOM aligne en tout cas des écoles de kite et de wing, et des clubs de voile.
Alpes Isère décrit un canyon spectaculaire et un thermique qui se lève vers 13 heures. Vois-y le schéma d’un été typique, que la météo du jour se charge de corriger.
L’eFoil trouve sa place dans ce rythme sans forcer. Il n’a pas besoin de vent, et sur un lac thermique l’eau calme vient avant la brise : un créneau du matin convient bien à un premier vol, l’après-midi revenant aux ailes, aux kites et aux voiles. Le club ne publie pas de créneaux d’eFoil ; c’est en réservant que tu sauras ce qu’il te propose.
Le barrage commande le niveau
Le barrage de Monteynard, commencé en 1955 et mis en service en 1962, est une voûte épaisse en béton de 135 m de haut et de 230 m de long. C’est le plus puissant des quatre barrages du Drac, avec le Sautet, Saint-Pierre-de-Cognet et Notre-Dame-de-Commiers. Le marnage suit la demande d’électricité : le lac descend très bas en hiver, et il dépend aussi de la fonte des neiges.
La page d’accueil du SIVOM affiche le niveau du jour et dit si le lac est navigable. Un coup d’œil avant de partir t’évite de trouver le plan d’eau fermé.
La route du Trièves depuis Grenoble
Pour Treffort, et donc pour le Wind Club, l’office de tourisme du Trièves indique la RN1075 ou l’A51 jusqu’à la sortie 13, puis Sinard, Treffort et le lac. Pour Mayres-Savel, l’itinéraire passe par la route Napoléon : Vizille, Laffrey, La Mure, puis la D116 jusqu’à la plage du Savel.
Les parkings sont payants des deux côtés. À Treffort, la carte saison vaut pour La Salette, Les Vignes et La Plage ; celle de Mayres-Savel pour le Savel. L’adhésion au Wind Club donne droit à une réduction sur la carte de parking du SIVOM. D’après la fiche de l’office de tourisme, la base nautique ouvre tous les jours du 1er mai au 30 septembre, en accès libre, parking payant.
Sur l’eau, tu croiseras peut-être La Mira, un bateau à passagers de 118 places basé à Treffort, avec deux débarcadères réservés, qui part en croisière de Treffort comme de Mayres-Savel. Il a la priorité de route : laisse-lui de la place.
Pour une réponse écrite sur ta propre planche, à jet comme à hélice, le SIVOM du lac prend les questions de navigation par le formulaire de contact de son site. Les sources de cette page (l’arrêté de 2014, le guide du SIVOM, les pages du Wind Club) ont été lues en octobre 2026, et rien ici ne remplace un avis juridique. Autre lac de barrage des Alpes, Serre-Ponçon a sa propre page ; à Annecy, le règlement vise l’eFoil noir sur blanc.



