Pour voler en eFoil au Québec, nous n’avons trouvé qu’une école qui affiche un programme complet et ses prix : Plein Vent les Îles, à Havre-Aubert, aux Îles de la Madeleine. Ailleurs dans la province, on trouve une activité inscrite dans un annuaire régional au bord du lac Matapédia, une initiation proposée certaines saisons au Témiscouata, et à Montréal un revendeur qui ne donne pas de cours. C’est mince.
Avant même la météo, une règle fédérale décide de ce que tu peux piloter. Au Canada, une planche de type surf propulsée par un moteur à hélices n’a pas le droit de naviguer. L’école des Îles vole donc avec un jet. Si ton eFoil à toi tourne sur une hélice, il reste à la maison, d’après notre lecture du règlement.

Le relevé, du golfe du Saint-Laurent à Muskoka
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| Lieu | Qui | Ce qu’on en sait |
|---|---|---|
| Îles de la Madeleine, Havre-Aubert | Plein Vent les Îles | cours de deux heures, location et forfait, sur Flite Air et FliteScooter ; tarifs en ligne |
| Lac Matapédia, Amqui | Surf E-Motion | inscrit dans un annuaire régional à l’adresse du Camping d’Amqui ; aucun tarif publié |
| Lac Grand Squatec, Auclair (Témiscouata) | un hôte non nommé, au Camping d’Eau Claire | initiation proposée certaines saisons sur une plateforme de réservation, dès 18 ans ; le camping ne la cite pas |
| Montréal | EcoSurf Canada | vente de planches électriques, l’Audi e-tron Aerofoil en vitrine, entretien des Onean, pas de cours |
| Lake Rosseau, Muskoka (Ontario) | eFoil Sports Muskoka | école Flite : cours, stages au chalet, location de batterie et de chargeur |
Sur sa page nord-américaine, Fliteboard ne cite d’ailleurs aucune adresse au Québec : la seule adresse canadienne de la liste est à Muskoka, en Ontario. Plein Vent se présente pourtant comme « partenaire officiel de Fliteboard » sur son propre site. Pour les Îles, c’est ce site qu’on suit.
Chez Plein Vent, sur Flite Air ou FliteScooter
Route 199, Havre-Aubert. Plein Vent les Îles y enseigne le kitesurf, le wingfoil et l’eFoil (on écrit aussi e-foil), puis loue ses planches électriques à ceux qui maîtrisent les bases. Le kite s’y apprend dans une lagune peu profonde. L’école se dit conforme aux normes de sécurité de l’AEQ et de la FQK, et sa fiche à l’office de tourisme porte le badge AEQ « Accrédité qualité-sécurité ».
Deux planches au choix, au même tarif. La Flite Air jauge 110 L : un noyau de mousse rigide, entouré d’une partie gonflable renforcée. La FliteScooter monte à 237 L, large, gonflable, avec un guidon amovible. Les deux viennent de chez Fliteboard. L’école vole avec le Flite Jet 2, un propulseur « sans hélice exposée » qu’elle décrit comme « approuvé par Transport Canada ». La formule est la sienne. Dans les textes de Transport Canada que nous avons lus, rien ne le dit en ces termes.
Deux heures de cours, du sable au vol debout
Le cours commence sur la plage, pendant 45 minutes. On enfile l’équipement, on découvre l’eFoil et sa télécommande sans fil, on répète les positions sur la planche et les consignes de sécurité. Suivent 60 minutes sur l’eau, avec un objectif clair : voler debout. Le dernier quart d’heure, c’est le débriefing, autour d’une tisane de l’école.
Deux élèves par moniteur. Chacun a son eFoil, et le moniteur navigue sur le sien, à côté de toi, en te parlant dans un casque audio bidirectionnel. Il faut avoir 14 ans au moins et savoir nager.
Louer seul, une fois les bases acquises
La location dure 1 h 30, dont une soixantaine de minutes sur l’eau. Pour y avoir droit, il faut un cours d’eFoil préalable ou une pratique autonome d’un sport de foil, et 18 ans révolus. La location se fait sur place, en présence d’un moniteur. Chaque location part avec une batterie pleine, qui donne « généralement jusqu’à une heure de navigation » selon l’école ; ton style et les conditions du jour font varier ce chiffre.
Pour qui veut enchaîner, le forfait E-foil regroupe un cours et deux locations. Il est réservé aux 18 ans et plus.
Le « + tx » converti en vrai prix
Les prix s’affichent avant taxes, suivis de la mention « + tx ». Au Québec, ça veut dire la TPS à 5 %, puis la TVQ à 9,975 %, calculée sur le prix avant TPS.
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| Formule | Prix affiché | TPS et TVQ comprises (notre calcul) |
|---|---|---|
| Cours de 2 h, sur Flite Air ou FliteScooter | 250 $ + tx | 287,44 $ |
| Location de 1 h 30, environ 60 min sur l’eau | 170 $ + tx | 195,46 $ |
| Forfait E-foil : 1 cours et 2 locations | 500 $ + tx | 574,88 $ |
Le forfait fait gagner 90 $ avant taxes sur un cours et deux locations payés à part (590 $), selon notre addition.
Tout l’équipement est compris : la planche, une batterie chargée, une combinaison 5/4, un gilet de sauvetage, des chaussons en néoprène, le casque audio et des lunettes de soleil. Quand l’eau pique, l’école ajoute une tuque en néoprène, des gants et un hoodie.
On réserve par le formulaire en ligne de la page e-foil. La facture arrive par courriel. La veille au soir, un texto donne l’heure exacte et le lieu du rendez-vous, à confirmer ; ce lieu dépend de la direction du vent.
Trop de vent, ou un orage, et le cours saute. La pluie ne l’annule pas. Quand la météo empêche la séance, l’école reporte la séance ou rembourse en entier les cours restants ; en revanche, un rendez-vous confirmé la veille puis manqué n’est pas remboursé.
Traversier depuis Souris, ou avion jusqu’à Havre-aux-Maisons
Par la mer, le traversier de la CTMA part de Souris, sur l’Île-du-Prince-Édouard, et atteint les Îles en cinq heures. De juin à septembre, une navette relie Charlottetown à Souris.
Par les airs, l’aéroport des Îles (code YGR) se trouve à Havre-aux-Maisons. Des vols directs partent de Québec et de Montréal. Selon la ville de départ et le nombre d’escales, compte entre une et quatre heures de vol.
Garde de la marge dans ton séjour : le rendez-vous n’est fixé que la veille, et un vent trop fort suffit à annuler le cours.
Une mer à 18 °C au mieux, même en août
À la mi-août, au plus chaud, l’eau autour de l’archipel monte jusqu’à 18 °C, et jusqu’à 20 °C dans les lagunes et les baies, d’après l’office de tourisme des Îles. Chez Plein Vent, personne ne part sans la combinaison 5/4 ni les chaussons, fournis d’office ; la cagoule, les gants et le hoodie sont prêtés sur demande.

Le vent change de camp avec les saisons : sud-ouest l’été, nord-ouest l’hiver. D’après l’office de tourisme, il souffle plus fort l’hiver que l’été, de 17 à 40 km/h (9 à 22 nœuds), et les brises chaudes de l’été tiennent loin dans septembre. L’eFoil, lui, s’en passe, « sans besoin de vent ni de vagues », dit l’école, pour qui les Îles sont « l’un des meilleurs endroits au Québec pour pratiquer le kitesurf et le E-foil ».
Reste la mer, qui change vite. Le guide de sécurité de l’office de tourisme rappelle que le vent, les courants et les marées « peuvent rapidement changer et rendre la mer dangereuse », et que les courants « peuvent être sournois ». Il conseille un gilet, un téléphone étanche, des couleurs vives et un sifflet, et renvoie à la table des marées du guide officiel.
Pour les dates, la fiche régionale de l’école annonce son programme de kite du début juin à la fin septembre. Aucune saison n’est publiée pour l’eFoil. Demande les dates au moment de réserver.
Rien de confirmé au lac Matapédia ni au Grand Squatec
Sur le lac Matapédia, un annuaire régional inscrit Surf E-Motion, une activité d’eFoil domiciliée à l’adresse du Camping d’Amqui ; sa fiche, mise à jour le 19 juin 2026, parle de cours sur les plans d’eau du coin et de déplacements vers des événements et chez des clients. Ni prix ni conditions publiés : elle figure ici comme inscrite, sans plus.
Bonjour Québec y décrit une boucle de la Route bleue pour pagayeurs débutants, à la décharge du lac, abritée des vents forts, entre îles et baies, avec une mise à l’eau au Camping d’Amqui. Ce sont des conseils de kayak, mais ils situent au moins un coin abrité du vent sur ce lac.
Au Témiscouata, une initiation à l’eFoil a été proposée certaines saisons au Camping d’Eau Claire, à Auclair, sur le lac Grand Squatec, par une plateforme de réservation d’expériences : eau calme, équipement fourni, 18 ans et plus. Le camping, avec sa plage surveillée, son quai et sa marina, ne liste sur sa propre page que des activités sans moteur, pédalo et kayak compris. Pas d’eFoil.
Deux pistes, aucune garantie. Écris avant de prendre la route.
Au Canada, pas de planche à hélice
Tout part du Règlement sur les petits bâtiments (DORS/2010-91, du 29 avril 2010). Son article 1006 b) interdit « d’utiliser un bâtiment de type planche de surf qui est propulsé par un moteur à hélices » (en anglais, « propeller-driven surfboard-type vessel »). Le Règlement sur les contraventions (DORS/96-313, annexe I.1, partie II, art. 61) fixe l’amende à 350 $.
Transport Canada a ouvert une consultation sur ces planches du 14 mars au 13 mai 2022 et a reçu plus de 150 commentaires. Sa page, modifiée le 23 septembre 2026, n’a pas bougé sur le fond : « Ces bâtiments sont actuellement interdits au Canada ». Coupe-circuit, hélices protégées, VFI, feux de nuit, âge minimum aligné sur les motomarines : les règles discutées ne vaudraient que si l’interdiction tombait. Aucune décision n’a été publiée.
Sur son blogue, Fliteboard résume : pas d’hélice ouverte sur les eaux canadiennes, des modèles Flite Jet autorisés, une vente légale au Canada, et un groupe de travail avec Transport Canada, sans calendrier. C’est le point de vue d’un constructeur.
Et le jet ? Le secteur traite les eFoils à jet comme hors du champ de l’article 1006 b), et le texte ne définit pas le mot « hélices » ; c’est aussi notre lecture, mais on n’a trouvé aucune prise de position de Transport Canada sur ce point précis. Un eFoil à hélice venu d’Europe, en revanche, ne peut pas naviguer légalement au Québec.
La carte de conducteur et ses exceptions
Un eFoil est-il un bâtiment ? La Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada (L.C. 2001, ch. 26) range sous ce mot, à son article 2, toute embarcation conçue pour la navigation sur l’eau, sous l’eau ou « légèrement au-dessus », quel que soit son mode de propulsion. Une planche qui vole au-dessus de l’eau y entre, à notre lecture.
Les règles de compétence viennent du DORS/99-53, du 15 janvier 1999. Selon son article 2(1), elles s’appliquent à toute embarcation de plaisance à moteur utilisée pour le loisir dans les eaux canadiennes, sauf aux Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut. L’article 3 exige la compétence et sa preuve à bord. Trois cas y échappent : conduire sous la surveillance d’un instructeur dans le cadre d’un cours agréé, être un non-résident dont l’embarcation se trouve au Canada depuis moins de 45 jours consécutifs, ou détenir l’un des certificats que le texte énumère.
Comment prouver sa compétence ? L’article 4 donne le choix entre une carte, obtenue avec 75 % à l’examen, et, pour une embarcation louée, une liste de vérification de sécurité signée, valable pour la durée de la location. La carte, la CCEP, s’obtient d’ordinaire après un cours de sécurité nautique agréé et reste « bonne à vie », selon Transport Canada. Naviguer sans compétence coûte 250 $ d’amende, et oublier la preuve à bord encore 250 $ (DORS/96-313, annexe I.1, partie IV).
Appliqué aux Îles, et c’est notre lecture : pendant un cours, tu navigues sous la surveillance d’un moniteur, ce qui entre dans l’exception de l’article 3 à condition que le cours soit agréé. L’école ne dit pas s’il l’est. Pour une location, la liste de vérification signée sert de preuve. Le texte ne cite nulle part l’eFoil. Demande à l’école quel document elle te fait remplir.
Âge, puissance, gilet : les autres seuils
Sans supervision directe, Transport Canada plafonne la puissance selon l’âge : 10 HP (7,5 kW) avant 12 ans, 40 HP (30 kW) de 12 à 15 ans. La supervision directe suppose une personne de 16 ans ou plus dans l’embarcation. Avant 16 ans, jamais de motomarine. Or l’article 1 du DORS/2010-91 définit la motomarine comme un bâtiment de moins de 4 m dont un moteur à combustion interne entraîne une pompe à jet ; un eFoil électrique n’en est pas une, selon nous.
Dans le même règlement, l’article 100(1) impose un permis d’embarcation de plaisance dès que les moteurs d’une embarcation non mue par la force humaine totalisent au moins 7,5 kW. Les articles 202 et 204 a) veulent un gilet ou un VFI à ta taille, à flottabilité intrinsèque avant 16 ans. L’article 1007 punit la conduite sans la prudence et l’attention voulues ou sans égard raisonnable pour les autres (350 $, art. 62 de l’annexe I.1 du DORS/96-313).
Les plans d’eau à restrictions et le TP 15587F
Des centaines de plans d’eau québécois ont leurs propres limites. Le DORS/2008-120 les renvoie à une liste de Transport Canada, le TP 15587F, dont la première édition date de juin 2025. Sur les eaux de l’annexe 2, l’article 2(2) interdit toute propulsion électrique ou mécanique. Sur celles de l’annexe 3, l’article 2(3) interdit le moteur électrique au-delà de 7,5 kW et toute propulsion mécanique.
Lu à notre façon : sur un lac de l’annexe 2, pas d’eFoil du tout ; sur un lac de l’annexe 3, un eFoil de moins de 7,5 kW échappe à cette annexe. Les règlements municipaux ne figurent pas dans le document.
Pour les adresses de cette page, la recherche dans le texte du TP 15587F ne fait ressortir ni le lac Matapédia, ni le lac Grand Squatec, ni les Îles-de-la-Madeleine. Autre particularité québécoise : la règle générale des 10 km/h à moins de 30 m de la rive ne s’y applique pas, d’après l’article 2(7) du même règlement.
Textes lus sur laws-lois.justice.gc.ca, à jour au 30 septembre 2026, et sur les pages de Transport Canada. Rien ici ne vaut avis juridique ; « notre lecture » et « selon nous » signalent nos interprétations, et Transport Canada tranche en cas de doute.
En France, la page sur la réglementation de l’eFoil fait le même travail avec les textes français, et celle sur la location d’eFoil passe en revue les écoles du littoral et des lacs.


